Introduction à l'ACS+

Il est temps de dégonfler des mythes

Maintenant que vous connaissez la différence entre l’égalité et l’équité et que vous avez un aperçu de l’ACS+, examinons quelques questions courantes.


« L’égalité entre les sexes est déjà atteinte, non? »

Mythe : Les Canadiennes et les Canadiens vivent déjà l’égalité, donc l’ACS+ est inutile.

Nous avons certes accompli des progrès, mais l’égalité complète entre femmes et hommes n’est pas encore chose faite au Canada. À l’heure actuelle, pour chaque dollar que reçoit un travailleur, une travailleuse gagne en moyenne seulement 87 cents (Statistique Canada, 2017). Les femmes sont aussi plus souvent les victimes de la violence sexuelle et familiale et demeurent sous-représentées au sein de la haute direction et dans les postes de pouvoir. Ainsi, aux conseils d’administration des 500 plus grandes entreprises canadiennes, elles n’occupent que 21,6 % des sièges (Conseil canadien pour la diversité administrative bulletin de rendement annuel 2016).

L’égalité entre les sexes est avantageuse pour toute la société, et l’ACS+ peut améliorer la situation de tous : les femmes, les hommes et les autres. Ainsi, tout comme les femmes ont été écartées des recherches sur les maladies du cœur parce que celles-ci étaient considérées comme des « maladies masculines », les hommes ont traditionnellement été exclus des recherches sur l’ostéoporose. Alors que celle-ci est vue comme une maladie chez les femmes ménopausées, les hommes subissent en fait près d’un tiers des fractures de la hanche liées à l’ostéoporose.


« L’ACS+ ne concerne que les femmes. Qu’en est il des hommes? Ou de la culture, de la race et de l’ethnicité? »

Mythe : L’ACS+ sert à défendre les intérêts des femmes et s’applique uniquement aux problèmes « féminins ».

L’ACS+ ne favorise personne en particulier. Il s’agit d’une méthode d’analyse qui sert à poser des questions, à remettre en question les idées préconçues et à mesurer les répercussions potentielles des initiatives compte tenu de la diversité de la population canadienne.

Outre le sexe et le genre, l’ACS+ examine tous les facteurs identitaires comme la race, l’ethnicité, la religion, l’âge et le fait de vivre avec un handicap intellectuel ou physique. Lorsqu’un enjeu fait l’objet d’une ACS+, le genre peut parfois apparaître comme principal facteur; parfois, ce sera plutôt une combinaison de facteurs qui viendra teinter l’incidence d’une politique, d’un programme ou d’une initiative sur telle ou telle personne.

Le mandat de votre ministère pourrait également déterminer la façon dont vous aborderez votre ACS+. Vous pourriez par exemple commencer par les facteurs d’ethnicité ou de handicap. Mais peu importe votre point de départ, toute cellule humaine a un sexe, et toute personne a un genre; ces deux facteurs doivent donc être pris en considération dans votre analyse.


« Je travaille dans un ministère à vocation opérationnelle, donc je n’ai pas besoin de me préoccuper de l’ACS+ »

Mythe : L’ACS+ s’applique uniquement aux secteurs « sociaux ».

Les politiques et programmes gouvernementaux ont des répercussions sur la population. Si l’importance du genre et de la diversité va de soi dans certains secteurs (p. ex. en éducation et en santé), elle peut être moins évidente dans d’autres domaines (p. ex. la défense ou l’exploitation des richesses naturelles), mais il ne faut pas pour autant conclure qu’on peut faire abstraction du genre. L’ACS+ peut être et a, de fait, été utilisée dans tous les domaines d’activités du gouvernement fédéral. Ainsi, l’utilisation de l’ACS+ pour évaluer les grands projets d’approvisionnement peut contribuer à assurer que l’équipement et les produits répondent à des besoins variés. Elle peut également garantir qu’une plus grande diversité de personnes en tire des avantages économiques.

Nous verrons plus loin comment l’ACS+ est utilisée dans les secteurs sociaux, économiques, scientifiques et dans le domaine de la sécurité publique.