Guide pour la recherche en ACS+

L'analyse comparative entre les sexes plus
  1. Qu'est-ce que l'ACS+?
  2. La recherche fondée sur l'ACS+ inclut et dépasse le genre
  3. L'importance de l'ACS+ dans la recherche
  4. Les liens entre l'ACS+ et d'autres méthodes de recherche
  5. Conseils pour la recherche en ACS+

Qu'est-ce que l'ACS+?

L’analyse comparative entre les sexes+ (ACS+) est une méthode permettant de déterminer comment l’intersection de différents facteurs identitaires influe sur l’efficacité des initiatives du gouvernement. La méthode peut s’appliquer à tous les emplois et dans toutes les organisations. Son utilisation nécessite l’examen de données ventilées selon le sexe, ainsi que des normes et conditions sociales, économiques et culturelles qui existent. Pratiquer l’ACS+, c’est adopter une approche sensible au genre et à la diversité dans l’exercice de vos fonctions. Le gouvernement du Canada s’est engagé à prendre en compte tous les facteurs d’identité croisés, et non seulement le sexe et le genre, d’où l’ACS+.

L’ACS+ garantit l’inclusion des femmes, des hommes et des personnes allosexuelles. Elle s’appuie sur les avancées de la recherche intersectionnelle, une méthodologie de recherche et d’analyse des politiques qui reconnaît que l’existence humaine est façonnée et influencée par une combinaison complexe de facteurs. L’analyse intersectionnelle cherche : [traduction] « à examiner les conséquences de l’interaction des inégalités vécues par des personnes appartenant à diverses couches sociales et à étudier la façon dont certaines mesures et politiques précises traitent les inégalités vécues par diverses populations » (Bishwarma, Hunt et Zajicek 2007, p. 9).

En allant au-delà des répercussions sexospécifiques des politiques, des programmes et des mesures législatives, l’ACS+ est mieux en mesure de relever les défis posés par la diversité croissante de la population canadienne.

La recherche fondée sur l'ACS+ inclut et dépasse le genre

Pour déterminer le contexte des politiques actuelles et les éventuelles répercussions des décisions sur divers ensembles de personnes — femmes, hommes et personnes allosexuelles —, il faut parfois recueillir d’autres renseignements. Cependant, la recherche en ACS+ ne vise pas simplement à ajouter une dimension de plus aux pratiques actuelles en recherche, elle cherche plutôt à améliorer les méthodologies existantes.

La recherche en ACS+ est sensible aux interactions entre le sexe et les autres catégories sociales. Elle produit aussi des données ventilées non seulement selon le sexe, mais également selon d’autres variables sociales importantes.

En fait, la tendance historique de la recherche à mettre l’accent sur un seul facteur comme le sexe ou la situation socioéconomique est de plus en plus remise en question. Il est sans doute plus facile pour les chercheuses et chercheurs de mettre les individus dans une seule catégorie (p. ex. sexe féminin ou masculin), mais les résultats ne représentent pas fidèlement la complexité du vécu de chacune et de chacun ni la diversité croissante de la population canadienne.

L’ACS+, qui s’inspire de l’analyse intersectionnelle, produit des connaissances et des données probantes plus précises sur le vécu réel des gens. L’ACS+ permet ainsi de guider la recherche pour que les chercheuses et chercheurs tiennent compte des dimensions suivantes :

  • de nombreux aspects de l'identité sont dynamiques et construits par la société (le genre, l'origine ethnique, la classe, la sexualité et le handicap sont des catégories fluides et souples);
  • de nombreux aspects de l'identité ne fonctionnent pas en vase clos, mais en interaction (p.ex., le genre est défini et façonné par d'autres facteurs);
  • aucun aspect précis de l'identité ne l'emporte sur les autres aspects (p.ex., même si un projet de recherche tient compte du sexe, ce facteur n'est pas nécessairement plus important que d'autres aspects);
  • l'étude de chaque enjeu ou problème exige la considération d'un ensemble distinct de facteurs identitaires (p.ex., dans un cas, ce sera le genre, l'origine ethnique et la classe; dans un autre, le lieu de résidence, le genre et le handicap, etc.).

L’ACS+ démontre pourquoi et comment tout projet de recherche doit intégrer certaines catégories et situations sociales.

L'importance de l'ACS+ dans la recherche

L'ACS+ permet :

  • de tenir compte de la personne dans son intégrité, y compris les nombreux aspects de son identité, sans se limiter à son sexe;
  • d’expliquer la diversité dans la vie des personnes en fonction de facteurs comme le genre, le sexe, l’origine ethnique, l’âge, la classe, le lieu de résidence et l’orientation sexuelle;
  • de produire des renseignements indispensables sur toute la gamme des besoins, priorités, capacités physiques ou mentales (handicaps), vécus, intérêts et opinions des femmes, des hommes et des personnes allosexuelles dans différentes situations;
  • de prévoir les obstacles et les répercussions négatives de politiques, de programmes et de mesures législatives selon le sexe et d’autres aspects de l’identité;
  • de faire en sorte que la conception des politiques et programmes gouvernementaux prenne en considération l’éventail des facteurs qui influent sur divers ensembles de personnes — femmes, hommes et autres;
  • de voir à ce que les politiques et programmes s’appliquent à un plus grand segment de la population;
  • de reconnaître et respecter les droits de la personne et de soutenir l’ensemble des citoyennes et citoyens pour leur permettre de réaliser leur plein potentiel dans la société canadienne.

Les liens entre l'ACS+ et d'autres méthodes de recherche

L’ACS+ possède certaines caractéristiques communes à de nombreuses autres méthodes de recherche, y compris les approches axées sur les déterminants de la santé, la recherche communautaire et les méthodologies autochtones. Dans le domaine de la santé, par exemple, l’ACS+ recoupe des méthodes bien établies pour comprendre les inégalités en santé et intervenir en conséquence.

L'Agence de la santé publique du CanadaNote de bas de page 1 dénombre douze déterminants de la santé qui représentent un vaste éventail de facteurs sociaux, culturels, environnementaux, génétiques et biologiques : le niveau de revenu et le statut social; les réseaux de soutien social; l’éducation et l’alphabétisme; l’emploi et les conditions de travail; les environnements sociaux; les environnements physiques; les habitudes de santé et la capacité d’adaptation personnelles; le développement sain des enfants; le patrimoine biologique et génétique; les services de santé; le sexe; la culture.

Depuis des années, les chercheuses, les chercheurs et les responsables des politiques étudient les recoupements entre ces déterminants et leurs effets sur les résultats pour la santé humaine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu que les déterminants sociaux de la santé, c’est-à-dire les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent, ainsi que le système de soins de santé, sont les principales causes des inégalités en santé (2008).

L’ACS+ et la méthode axée sur les déterminants sociaux de la santé reconnaissent toutes deux que de multiples facteurs dynamiques influent sur la vie des gens. Ces deux méthodes reconnaissent qu’il faut comprendre ces facteurs et intervenir en conséquence en déployant des efforts globaux pour éliminer les inégalités, notamment les inégalités entre les sexes.

Conseils pour la recherche en ACS+

Il n’existe pas de méthode ou de modèle universel pour mettre en place un cadre de recherche en ACS+. Néanmoins, diverses questions d’orientation peuvent vous aider à concevoir, à réaliser ou à évaluer des recherches axées sur les politiques en commençant par la formulation de la question de recherche.

Analyse documentaire

Pour déterminer les données disponibles sur un domaine de la politique publique et s’en servir dans la conception d’un projet de recherche efficace, il faut entreprendre une analyse documentaire. Le recensement et les enquêtes de Statistique Canada, les bases de données administratives, les bases de données universitaires et la « littérature grise », qui couvre les rapports scientifiques et techniques, les brevets, les communications scientifiques, les rapports internes, les documents gouvernementaux, les infolettres, les fiches de renseignements et les thèses inédites, sont des sources de données. L’idéal est de recueillir à la fois des données quantitatives et qualitatives en privilégiant les résultats obtenus au cours des cinq dernières années.

Il faut également consulter, dans la mesure du possible et selon les besoins, les parties intéressées pertinentes à l’interne et à l’externe, notamment les organisations non gouvernementales, qui possèdent des connaissances dans le domaine. De plus, il est possible de recueillir des renseignements importants en consultant des spécialistes d’un vaste ensemble de domaines de politique. Il ne faut pas oublier de considérer la personne que vous consultez dans l’optique de l’ACS+. Ne vous limitez pas strictement à vos interlocutrices et interlocuteurs habituels pour faire en sorte que vos consultations soient les plus inclusives possible.

Après avoir déterminé les sources et obtenu les données de recherche pertinentes, il faut procéder à une analyse critique des données pour déterminer:

  • ce qui est connu de l’enjeu ou du problème et où sont les lacunes des connaissances concernant différentes populations féminines, masculines et allosexuelles;
  • la place accordée à la diversité dans la recherche, et le caractère objectif ou biaisé de la recherche ainsi que sa tendance à perpétuer des stéréotypes;
  • quels facteurs et aspects identitaires ont été étudiés;
  • la mesure dans laquelle la prise en compte de la diversité dans l’échantillon aurait permis de dégager différentes conclusions.

Un plan des renseignements disponibles fournira la base pour élaborer un plan de recherche, notamment pour cibler l'axe précis de la recherche proposée.

Questions pour la recherche

  • Quels sont les problèmes de fond et les obstacles systémiques relevant du genre ou d’autres aspects de l’identité traités dans la recherche?
    • Quelles sont les lacunes des connaissances actuelles concernant l’inclusion de différentes populations féminines, masculines et allosexuelles?
  • Sur qui porte la recherche? Quelles sont les populations comparées dans la recherche? Pourquoi?
    • Si le phénomène étudié touche les femmes, les hommes et les personnes allosexuelles, la recherche remet-elle en question de manière explicite (ou suppose-t-elle implicitement) que ces populations sont homogènes? Enfin, reflète-t-elle fidèlement les perspectives, le vécu et les besoins de populations hétérogènes?

Analyse et outils de recherche

Comme l’ACS+ reconnaît que le savoir se présente sous diverses formes, elle est compatible avec les méthodes quantitatives et qualitatives ou une combinaison des deux. Néanmoins, l’ACS+ exige toujours d’employer des méthodes différentes pour traiter les aspects de l’identité (surtout le genre), leurs significations et leurs conséquences.

Outils

  • Peut-on combiner des facteurs étroitement corrélés pour analyser des croisements statistiques (recherche quantitative)?
  • L’échantillon est-il représentatif de la population hétérogène touchée par l’enjeu et comprend–il des personnes allosexuelles, des hommes et des femmes d’horizons divers?
  • Les instruments de recherche permettent-ils de recueillir des données ventilées selon le sexe et d’autres catégories pertinentes (les échantillons doivent être hétérogènes pour permettre d’explorer diverses catégories d’analyse et leurs recoupements)?
  • L’outil est-il adapté à la collecte de microdonnées, de macrodonnées ou des deux?

Conception

  1. Des aspects de l’identité, dont le genre, sont-ils nommés et définis de manière explicite dans la conception de la recherche? Leur inclusion est-elle justifiée?
  2. La conception de la recherche fait-elle la distinction entre le genre et les femmes?
  3. La conception de la recherche intègre-t-elle d’autres facteurs en plus du genre (p. ex. l’origine ethnique, le lieu de résidence, la situation socioéconomique, le handicap, le statut d’Autochtone ou le statut d’immigration)?
  4. La conception tient elle adéquatement compte de la diversité qui existe parmi les femmes, les hommes et les personnes allosexuelles? C'est-à-dire que celle-ci doit offrir la possibilité d’analyser les différences qui peuvent exister au sein des populations féminines, masculines et allosexuelles, et non seulement entre elles.
  5. Le ministère a-t-il sollicité des commentaires, dans la mesure du possible et selon ses besoins, auprès d’organisations non gouvernementales et d’universitaires travaillant dans le domaine?

Méthodes quantitatives

Ce modèle empirique étudie la relation de cause à effet entre des facteurs indépendants (p. ex. le genre, l’origine ethnique, la classe sociale, etc.) et des facteurs dépendants afin de produire des macrodonnées sur la population. Voici les principaux défis concernant les méthodes de recherche quantitatives sur l’ACS+ :

  1. Les concepts comme le genre, l'origine ethnique, l'orientation sexuelle et le handicap sont des constructions sociales; de nouvelles catégories se créent sans arrêt et leurs définitions sont en constante évolution.
  2. L'incidence relative des aspects de l'identité sur le phénomène étudié est habituellement analysée séparément, ce qui empêche souvent d'analyser les recoupements entre les variables indépendantes et dépendantes pertinentes.
  3. Il y a trop peu de méthodes statistiques pour explorer les recoupements complexes. De plus, l'étude de tous les sous-ensembles possibles de toutes les catégories sociales pertinentes donnerait des résultats peu ou pas éclairants pour un projet donné.
  4. La recherche se sert habituellement de la population dominante d'une culture (p.ex., les hommes de race blanche) comme point de comparaison pour les autres catégories, ce qui limite les comparaisons entre d'autres segments de la population qui seraient pertinentes pour le sujet étudié.

Pour rendre les méthodes quantitatives conformes aux exigences de l'ACS+, les chercheuses et les chercheurs disposent de diverses stratégies.

  1. Étudier des populations généralement négligées. Par exemple, analyser qui est habituellement inclus dans un facteur (p. ex. le genre) et en quoi ce facteur est redéfini selon l’origine ethnique, la classe, le lieu de résidence et la sexualité (Cole 2009).
  2. Concevoir le genre non plus comme un ensemble de caractéristiques fondamentalement personnelles, mais comme un ensemble de catégories structurelles et de processus sociaux (Cole 2009). Cette démarche permet d’étudier les effets combinés du genre et d’autres facteurs d’identité comme le contexte géographique et le lieu de résidence.
  3. Trouver des façons d’analyser les recoupements statistiques en combinant les aspects individuels étroitement corrélés de l’identité en un seul facteur. Par exemple, le statut d’immigration et le statut de minorité visible sont étroitement corrélés et peuvent être combinés pour évaluer une variable dépendante comme la scolarité (Wilkinson 2003).

Méthodes qualitatives

Les méthodes qualitatives comme l’ethnographie, les études de quartiers, la recherche-action participative, les analyses historiques, les entrevues structurées et les analyses de textes médiatiques permettent une étude approfondie de la situation sociale et du vécu au niveau individuel. Voici les principales difficultés concernant les méthodes de recherche qualitative pour l’ACS+ :

  1. Savoir poser des questions qui produisent des connaissances sur le recoupement des vécus.
  2. Disposer du temps nécessaire pour analyser et interpréter un volume de données souvent considérable.
  3. Obtenir une analyse des données de qualité, ce qui dépend des connaissances personnelles des chercheuses ou chercheurs concernant l’importance et les conséquences des recoupements entre les catégories sociales et les réalités sociohistoriques de populations historiquement opprimées (Bowleg 2008).
  4. Communiquer l’importance de la recherche qualitative afin de produire des données fiables pour les politiques et les programmes.

Par ailleurs, la recherche qualitative est reconnue pour sa capacité de produire des données détaillées sur les individus et leur vie sociale, ce qui permet de mieux comprendre les facteurs qui recoupent la diversité, entre autres, le genre. Ces méthodes, qui s’appuient sur le vécu personnel, sont particulièrement efficaces pour cerner les différences et les ressemblances et les interpréter.

Méthodes mixtes

Quelle que soit la méthode retenue, il faut tenir compte des aspects suivants au moment de présenter les données et les conclusions de la recherche :

  1. Comment les données sont-elles présentées et analysées (p.ex., les lacunes sont-elles signalées)?
  2. Les données sont-elles ventilées uniquement selon le sexe (c.-à-d. deux groupes séparés ne tenant pas compte des différences au sein de chaque population)?
  3. Les rôles de genre (rôles sexués) ou d'autres aspects de l'identité de segments particuliers de la population sont-ils présentés comme des valeurs absolues?
  4. Que disent les données sur les répercussions (positives ou négatives) de la politique sur différentes populations féminines, masculines et allosexuelles?
  5. Des stéréotypes nuisibles sont-ils perpétués? Certaines populations sont-elles injustement stigmatisées?

En combinant des données provenant de l’analyse quantitative et de l’analyse qualitative, les chercheuses et chercheurs arrivent à mieux comprendre la façon dont certaines situations de vie et certains obstacles sociaux influant sur la situation sociale, le vécu et les besoins en matière de politiques.

En résumé, l’ACS+ est une condition indispensable pour se doter d’une politique efficace et efficiente, car elle permet aux responsables des politiques de mieux en maîtriser les effets. Elle garantit également une responsabilité envers le public et accroît la crédibilité. Il ne fait pas de doute que l’ACS+ est une pratique exemplaire pour toute approche moderne d’élaboration des politiques.

Références

Bishwakarma, R., V. H. Hunt et A.Zajicek (2007). « Educating Dalit Women: Beyond a One-Dimensional Policy Formulation », Himalaya, XXVII (1-2), p. 27-39.

Bowleg, L. (2008). « When Black + Lesbian + Woman ≠ Black Lesbian Woman: The Methodological Challenges of Qualitative and Quantitative Intersectionality Research », Sex Roles, 59, p.312–325.

Clow, B., A. Pederson, M. Haworth-Brockman et J.Bernier (2009). « Se montrer à la hauteur du défi : l'analyse des influences du genre et du sexe en planification, en élaboration de politiques et en recherche dans le domaine de la santé au Canada », Halifax, Centre d'excellence de l'Atlantique pour la santé des femmes.

Cole, E. R. (2009). « Intersectionality and Research in Psychology », American Psychologist, 64(3), p.170-180.

Commission des déterminants sociaux de la santé (2008). « Combler le fossé en une génération: instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé », Genève, rapport final de l'Organisation mondiale de la Santé.

*Hankivsky, O. et R.Cormier (2009). « Intersectionality: Moving Women's Health Research and Policy Forward », Vancouver, Women's Health Research Network.

Murphy, Y., V. Hunt, A.M.Zajicek, A. N. Norris et L.Hamilton (2009). « Incorporating Intersectionality in Social Work Practice », Research, Policy, and Education, Washington (DC), NASW Press.

Agence de la santé publique du Canada (2010). « Qu'est-ce qui détermine la santé? », gouvernement du Canada. Page consultée le 19 janvier 2011.

Wilkinson, L. (2003). «Advancing a Perspective on the Intersections of Diversity: Challenges for Research and Social Policy», études ethniques du Canada, 35(3), p.26-38.

*Comité de la main-d'œuvre féminine (2003). « Gender and Diversity Analysis: Discussion Paper and Lens », Association canadienne des administrateurs de la législation ouvrière. Page consultée le 19 janvier 2011.

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