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Chantal Thanh Laplante, prix Jeunesse, 2014, Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne »

Chantal Thanh Laplante, prix Jeunesse, 2014, Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne »

Les femmes sont des personnes.
C'est sur ce principe que repose le féminisme.
Bien que j'aie toujours eu des valeurs féministes, j'ai
seulement découvert le mouvement il y a 10 ans, au collège.
Je me rappelle avoir ressenti un grand soulagement,
parce que j'avais enfin trouvé d'autres personnes qui avaient
des idées aussi radicales : que les femmes méritaient d'être
traitées comme des personnes.
On critique les féministes parce qu'elles sont trop en colère.
Mais comment ne pas être en colère,
quand on sait qu'une femme sur quatre est ou a déjà été
victime de violence familiale?
Quand au Canada, une femme est violée toutes les 17 minutes?
Quand les femmes ne se sentent même pas en sécurité quand
elles marchent dans la rue?
Chaque jour, les droits des femmes sont bafoués.
Je n'accepte plus que cela fasse partie de la vie.
J'ai trouvé ma voix, et je l'utiliserai pour celles qui
n'ont pas encore trouvé la leur.
Mon féminisme a commencé tranquillement, en lisant des
livres et des articles, puis en assistant à des conférences
et autres événements, mais il était toujours en arrière-plan.
Aujourd'hui, j'ai de la difficulté à partager le
mégaphone aux manifestations.
J'ai même une trousse de manifestation dans mon
auto en tout temps.
Pendant de nombreuses années, j'avais l'impression
de ne pas avoir de voix.
Mes antécédents de violence physique,
sexuelle et psychologique et d'intimidation m'avaient
menée à croire que je n'avais aucune valeur.
Aux gens qui m'ont rabaissée et n'ont pas cru en moi,
je dis : merci.
Merci de m'avoir aidée à découvrir ma force
et mon courage.
Quand j'ai appris que j'avais gagné ce prix,
je me suis demandé : pourquoi moi?
Mais le travail acharné que j'ai accompli en moi-même,
pour guérir des blessures causées par ces mauvais
traitements, m'a aidée à accepter ce prix.
Même si je ne suis qu'une seule petite personne au pays,
j'ai appris que je pouvais apporter une contribution
positive et changer les choses.
Imaginez un monde où tous s'unissent pour
dénoncer les injustices.
Imaginez un monde où nous nous traitons tous
avec amour et respect.
Je crois qu'un tel monde peut exister.
En terminant, j'aimerais vous faire part d'une de mes
citations préférées, qui me motive à continuer mon travail :
« Je suis un simple individu, mais au moins je suis quelqu'un.
Je ne peux pas tout faire, mais je peux faire quelque chose.
Et parce que je n'ai pas tous les pouvoirs, je ne refuserai
jamais d'accomplir ce qui m'est possible. »
Merci.

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