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Tracy Porteous, Lauréate, 2014, Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne »

Tracy Porteous, Lauréate, 2014, Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne »

Je suis profondément reconnaissante de faire partie
d'un mouvement féministe dynamique qui se concentre
intensément sur l'épidémie de violence envers les femmes.
Reconnaissante, -et j'espère que cela ne sonnera pas morbide-
mais il m'est souvent arrivé de rentrer à la maison à la fin de
la journée, et de penser que je pouvais mourir aujourd'hui,
parce que j'avais accompli mon travail.
J'avais eu l'occasion de changer les choses.
J'ai eu le privilège de passer du temps sacré avec des familles
qui devaient vivre avec le meurtre insensé
de leur mères, soeurs ou filles.
J'ai eu l'occasion de travailler avec des femmes qui ont connu
la violence et y ont survécu.
J'ai eu le privilège de travailler avec des ministres du
Cabinet, des femmes autochtones et des immigrantes,
des décideurs, des universitaires,
des chefs de police, des coroners,
des techniciens juridiques et des activistes
communautaires partout au pays.
Il y a quelques années, j'ai été invitée à donner une conférence
à l'ONU et à participer à une rencontre internationale sur
la violence contre les femmes.
J'ai contribué à développer des réseaux intersectoriels qui
ont donné d'excellents résultats dans notre province,
où nous pouvons observer des évaluations du risque plus
éclairées et une planification de la sécurité plus efficace.
Et en plus de cela, nous voyons des travailleurs faire preuve
d'empathie et se comprendre mutuellement en réunissant des
gens de cultures, communautés et sexes différents.
Cela pourrait surprendre beaucoup de gens, qui,
quand ils entendent le mot « féministe »,
pensent à des images de soutiens-gorges brûlés et
de manifestantes marchant avec des pancartes.
Mais les temps ont changé.
Ma propre pancarte est maintenant bien rangée.
Mon soutien-gorge est bien en place.
Je reconnais la nécessité de ces manifestations et les portes
qu'elles ont ouvertes, et bien que nous exigions encore des
changements partout au pays, nos dirigeantes féministes
le font avec compassion, empathie, respect et amour.
Nous savons qu'il est très difficile de parler
d'agression sexuelle et de violence familiale.
Nous savons que les gens ont besoin de prendre le temps
d'apprendre à comprendre afin de trouver les mots pour
avoir ces conversations.
Et nous savons aussi que, peu importe avec qui nous
interagissons, nous avons plus de points en commun que
nous avons de différences.
En terminant, j'aimerais dire quelques mots sur l'équipe
de football BC Lions.
Il y a cinq ans, je leur ai proposé une idée : des
hommes-des vedettes du sport-pourraient véhiculer un
message pour sensibiliser les garçons et les autres hommes à
la violence contre les femmes.
Qu'au lieu de rester silencieux face aux attitudes et aux
comportements irrespectueux, ils demandent aux autres hommes et
aux garçons, en notre nom, de parler et de ne pas rester
là à rien faire.
Quatre ans plus tard, cette campagne a remporté de nombreux
prix et a rejoint 45 000 élèves dans les écoles secondaires
de la Colombie-Britannique en personne.
Et notre message les incitant à parler et à ne pas rester là à
rien faire a été visionné plus de 116 millions de fois.
Tout comme l'alcool au volant, nous voulons faire de la
violence contre les femmes un comportement
inacceptable en société.
Depuis que nous avons commencé, les Blue Bombers de Winnipeg,
les Argonauts de Toronto, les Stampeders de Calgary et les
Eskimos d'Edmonton ont fait la même chose.
Mais assez parlé de football.
Merci à Leurs Excellences le gouverneur général David
Johnston et Mme Johnston, l'extraordinaire ministre
Kellie Leitch, pour cet immense honneur.
Je suis profondément touchée.
Et je tiens également à remercier un grand nombre
de mes amis, membres ma famille et collègues.
Et tout particulièrement ma compagne Becky Ross de continuer
à m'écouter parler sans cesse de ce qu'il reste encore à
accomplir au Canada, de me soutenir et vraiment incarner
la théorie de l'amour.
Merci beaucoup.

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