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Discours

Notes pour une allocution de l'honorable Rona Ambrose, C.P., députée, ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux et ministre de la Condition féminine à l'occasion de la conférence de presse visant à annoncer des mesures concrètes concernant les femmes autochtones disparues et assassinées

Vancouver (Colombie-Britannique)
Le 29 octobre 2010

L'allocution prononcée fait foi.


Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je veux d'abord vous remercier de votre présence.

J'aimerais aussi remercier Gerry Oleman d'avoir procédé à la bénédiction d'ouverture.

Je suis heureuse d'être ici à Vancouver en compagnie de mon collègue, le sénateur Patrick Brazeau, du Québec.

Je suis aussi honorée de me trouver en présence du chef de police Jim Chu et du surintendant principal Craig Callens, de la Division « E » de la Gendarmerie royale du Canada.

J'aimerais également remercier Dave Woodland, de l'Armée du Salut, Krista Thompson, de la Covenant House, et Elizabeth Bastien, de l'Association des femmes autochtones du Canada, de s'être joints à nous.

Cette journée est importante, car elle est l'occasion, pour notre gouvernement, de réaffirmer sa volonté de remédier au grave problème du nombre de femmes autochtones disparues ou assassinées.

Dans le Discours du Trône et le Budget de cette année, nous nous sommes engagés à prendre des mesures concrètes, de même qu'à donner une impulsion décisive à la recherche de solutions à l'échelle nationale.

Comme Canadiennes et Canadiens, nous savons que les femmes autochtones méritent respect et dignité, et qu'elles ont le droit de se sentir en sécurité. 

En ma qualité de ministre de la Condition féminine, j'ai eu la chance de rencontrer des Canadiennes fascinantes, qui ont consacré leur carrière à combattre la violence faite aux femmes et ses effets dévastateurs — des femmes comme Jeanette Corbiere Lavell, présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada. 

Avec son équipe, Mme Corbiere Lavell a travaillé inlassablement à sensibiliser la population à un problème qui ravage tant de collectivités. 

C'est pourquoi cette année nous allons soutenir, par l'intermédiaire de Condition féminine Canada, le projet de l'Association visant à renforcer la capacité des femmes et des filles autochtones de tout le pays de reconnaître les problèmes découlant de la violence et d'y réagir.

L'Association a mené une recherche poussée sur les disparitions et meurtres de femmes autochtones. Ce faisant, elle a mis en lumière toute l'ampleur de cette horrible violence perpétrée contre des femmes autochtones.

En fait, l'Association reçoit aujourd'hui même un prix qui vient souligner son dévouement à la cause des femmes autochtones disparues et assassinées.

Et en tant que ministre de la Condition féminine, je m'inquiète des caractéristiques de la violence vécue par les femmes autochtones, de ses répercussions sur les familles et des souffrances qu'elle engendre dans nos collectivités.

À l'heure actuelle, au Canada, les femmes autochtones — membres des Premières Nations, Inuites, Métisses et Indiennes non inscrites — courent trois fois et demie plus de risques d'être victimes de violence que les autres Canadiennes.

Elles risquent aussi trois fois plus d'être victimes de violence conjugale.

Enfin, toutes proportions gardées, elles sont beaucoup plus nombreuses à être victimes d'homicide. 

Au cours des 30 dernières années, on a enregistré près de 600 meurtres ou disparitions de femmes autochtones. Les circonstances de ces disparitions et meurtres ont attristé et choqué la population canadienne.

Chaque cas est différent; chaque victime, unique.

Ces femmes, aux parcours de vie variés, ont trouvé la mort d'une façon tragique et soudaine, laissant derrière elles des mères en deuil, des pères éperdus de chagrin, des enfants traumatisés et d'autres êtres chers attristés.

Toutes méritaient notre protection, ainsi qu'un meilleur soutien, afin de pouvoir vivre dans la sécurité.

Aujourd'hui, je suis fière d'annoncer que le gouvernement du Canada  investit dans de nouvelles mesures concrètes pour :

  • améliorer l'exécution de la loi et le système de justice,
  • améliorer les services aux victimes et soutenir l'élaboration de plans de sécurité communautaire,
  • soutenir de nouveaux programmes de sensibilisation. 

Notre plan comporte plusieurs volets. Je suis fière que nous présentions des mesures concrètes, qui répondront mieux aux besoins des femmes et des familles autochtones.

Premièrement, nous allons apporter des modifications au Code criminel, pour permettre aux membres des forces policières d'obtenir de multiples mandats pour une même enquête criminelle en faisant une seule demande à un juge. 

Ces modifications amélioreront l'efficacité des enquêtes criminelles, en particulier celles qui concernent des femmes autochtones disparues ou assassinées.

Ces modifications permettront également l'écoute électronique sans mandat dans les situations d'urgence, ce qui pourrait inclure les enquêtes pour meurtre ou enlèvement relatives aux meurtres ou disparitions de femmes autochtones.

Notre plan inclut deuxièmement une démarche nationale pour renforcer notre capacité à faire exécuter la loi. Nous investirons dans un nouveau centre national de soutien policier pour les personnes disparues, qui aura son siège au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada. Nous financerons aussi l'amélioration du Centre d'information de la police canadienne pour qu'il puisse saisir des données supplémentaires sur les personnes disparues.

Nous consacrerons des fonds à la mise en place d'un site Web qui permettra à la population de fournir des renseignements concernant les personnes disparues. Nous allons également lancer une initiative pour mettre en commun le savoir-faire de différentes administrations; on pourra ainsi échanger des idées et diffuser les méthodes qui fonctionnent vraiment dans le domaine de l'application de la loi, des services aux victimes, du développement communautaire en milieu autochtone ainsi que de la réduction de la violence.

Troisièmement, nous investirons dans de nouveaux projets et services pilotes visant à soutenir les collectivités et les familles autochtones.

Je suis fière, parce que notre plan prévoit un investissement important au cours des deux prochaines années pour aider les provinces de l'Ouest à mettre au point des services aux victimes qui tiennent compte des différences culturelles et pour soutenir les groupes communautaires dans les efforts qu'ils déploient afin de résoudre les problèmes particuliers auxquels se butent les familles des femmes autochtones disparues ou assassinées.

Nous allons également faire l'essai de projets scolaires et communautaires destinés à assurer une meilleure sensibilisation des jeunes femmes autochtones.

Et nous allons investir dans du nouveau matériel pédagogique, conçu pour aider à rompre les cycles intergénérationnels de violence et d'abus qui menacent les communautés autochtones à travers le pays.

Enfin, nous allons apporter pendant deux ans un soutien aux collectivités et aux gouvernements autochtones afin qu'ils élaborent des plans de sécurité communautaire, pour accroître la sécurité des femmes dans les collectivités autochtones.

Ce problème est une responsabilité collective. Nous serons donc mieux en mesure de le résoudre si nous unissons nos efforts.

L'annonce d'aujourd'hui comprend un certain nombre d'actions concrètes pour aider les gouvernements, les groupes autochtones, la police et d'autres intervenants dans la lutte contre ce problème.

Ensemble, nous pouvons apporter des solutions efficaces et appropriées. Par des efforts concertés, nul doute que nous réussirons à faire passer notre message : nous ne tolérerons pas la violence contre les femmes ni contre d'autres membres de la population dans notre magnifique pays, et ce, quel que soit le milieu.

Merci.

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Date de modification :
2010-11-22