Les formes de violence - Fin à la violence faite aux femmes et aux filles

La violence envers les femmes et les filles ne se limite pas à la violence physique. Elle englobe la violence verbale, de même que les gestes et actes criminels qui cherchent à dégrader, à humilier ouà blesser une femme ou une fille. Le mot « violence » tend à évoquer plus particulièrement la violence physique, mais la violence prend plusieurs autres formes. Dans les contextes où il existe un rapport d'autorité ou de dépendance entre la personne utilisant la violence et sa victime, on préférera parfois, selon le cas, les termes « abus », « sévices », « exploitation », « maltraitance » ou « mauvais traitements ». C'est toutefois le mot « violence » qui reste le plus général.

Les principaux formes de violence faite aux femmes et aux filles sont présentés ci-dessous.

Table des matières

Les mauvais traitements corporels

Les mauvais traitements corporels, qu'on nomme sévices en langage juridique, consistentà utiliser intentionnellement la force contre une personne sans son consentement. Ils comprennent les voies de fait. Les mauvais traitements corporels peuvent causer des lésions ou des blessures corporelles pouvant laisser des tracesà long terme. En voici des exemples :

Tous ces actes sont des crimes au Canada.

La maltraitance sexuelle (d'une ou un adulte)

La maltraitance sexuelle comprend :

Tout contact sexuel avec une personne sans son consentement est un crime. C'est ce qu'on appelle une agression sexuelle. La maltraitance sexuelle englobe les attouchements sexuels ou les activités sexuelles forcés dans le cadre d'un mariage, d'une union de fait ou de fréquentations amoureuses. Même dans un mariage, une personne ne peut forcer l'autre à avoir des contacts sexuels.

Abus sexuel (maltraitance sexuelle d'un enfant)

Des lois spéciales protègent les enfants contre l'exploitation et l'abus sexuels. Il y a abus sexuel lorsqu'une personne adulte profite d'un enfant pour des motifs sexuels. L'abus sexuel ne suppose pas nécessairement un contact physique.

Par exemple, on peut parler d'abus sexuel lorsqu'une personne adulte fait une remarque à caractère sexuel à un enfant ou, encore, observe ou filme en secret un enfant pour des motifs sexuels. L'abus sexuel comprend :

Tout contact sexuel entre une personne adulte et un enfant de moins de 16 ans est un crime. Au Canada, l'âge du consentement sexuel est de 16 ans, mais des exceptions s'appliquent si l'autre personne est à peu près du même âge que l'enfant.

De plus, les personnes de moins de 18 ans ne peuvent légalement donner leur consentement pour une activité sexuelle visantà les exploiter. Cela comprend la prostitution et la pornographie, de même que toute situation où une personne en position d'autorité, ou avec laquelle l'enfant a un lien de confiance ou de dépendance, entretient avec lui une forme d'activité sexuelle. Cette personne peut être un parent, un beau-parent, un grand-parent, une sœur ou un frère plus âgé, une enseignante, un enseignant, une entraîneuse ou un entraîneur.

La violence émotive ou psychologique

La violence émotive ou psychologique se produit lorsqu'une personne emploie des paroles ou des gestes pour contrôler, effrayer ou isoler sa victime, ou porter atteinte à son estime personnelle. On l'appelle aussi violence psychologique. En voici des exemples :

Certaines formes de violence émotive sont des crimes, notamment : la traque furtive, les menaces de blessures, le harcèlement téléphonique, l'intimidation volontaire ou l'incitation au suicide. Il existe bien d'autres formes de violence émotive qui ne sont pas des crimes, mais peuvent quand même causer du tort et conduire plus tard à des actes criminels.

Si un enfant est victime de violence émotive, les services de protection de l'enfance peuvent intervenir et retirer la garde de cet enfantà ses parents.

L'exploitation financière

Il y a exploitation financière lorsqu'une personne utilise l'argent ou les biens matériels pour tirer avantage d'une autre ou la contrôler. L'exploitation financière peut inclure :

La plupart des formes d'exploitation financière sont des crimes, par exemple le vol et la fraude. L'exploitation financière englobe également les situations où une personne tente de tirer un avantage financier d'une autre, comme dans les cas de fraude dotale.

La traque furtive et le harcèlement criminel

La traque furtive (stalking) est une forme de harcèlement qui est considérée comme criminelle. Elle prend la forme d'un comportement répété qui amène la personne viséeà craindre pour sa sécurité ou celle d'un être cher. En voici des exemples :

La négligence

Les conjointes et conjoints (mariés ou en union de fait) ont le devoir de prendre soin l'un de l'autre. Les adultes ont le devoir de prendre soin de leurs enfants à charge, ainsi que de leurs parents à charge. Il y a négligence lorsque, dans une famille, une personne ayant le devoir de prendre soin d'une autre ne satisfait pas à ses besoins fondamentaux. La négligence comprend :

On peut aussi parler de négligence lorsqu'on laisse une personne seule trop longtemps si elle est blessée ou ne se sent pas bien.

Certaines formes de négligence sont des crimes au Canada, notamment l'abandon d'un enfant et le défaut de pouvoir aux nécessités de la vie. Si des parents négligent un enfant, les services de protection de l'enfance peuvent intervenir et leur retirer la garde de cet enfant.

La violence commise au nom d'un soi-disant « honneur »

La violence fondée sur un soi-disant « honneur » est une violence commise contre une personne par des membres de sa famille pour protéger l'honneur familial. La victime est généralement de sexe féminin et s'est comportée d'une manière que sa famille croit honteuse ou déshonorante. Voici des exemples de comportements qui peuvent être reprochésà une victime de violence fondée sur un soi-disant « honneur » :

Les membres de la famille croient que l'utilisation de la violence restaurera la réputation familiale. Les formes de violence peuvent inclure dans ces cas :

Ces actes sont tous des crimes.

Mariage forcé

Il faut distinguer mariage forcé et mariage arrangé. Dans les mariages arrangés, les deux personnes consentent à se marier. Dans le mariage forcé, il y en a au moins une des deux qui n'est pas consentante.

Les membres d'une famille ont parfois recours à la violence corporelle, à l'enlèvement, à la séquestration ou à la violence émotive pour forcer la personne à se marier. Même si les parents croient que le mariage est le meilleur parti pour leur enfant, ils commettent un crime s'ils essaient de l'y contraindre par des menaces ou la violence.

Pour obtenir des renseignements sur les principaux indicateurs de l’étendue et de la gravité de la violence envers les femmes; les facteurs de risques de la violence envers les femmes; et la justice pénale et les interventions en matière de violence envers les femmes, veuillez consulter la publication Mesure de la violence faite aux femmes : tendances statistiques.

Note à propos des sources :

En partie adapté d'une publication de Justice Canada intitulée La maltraitance est inacceptable, publiée en 2009.

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