Il est temps de tirer un constat

Stratégie fédérale contre la violence fondée sur le sexe

Qui la violence fondée sur le sexe touche-t-elle?

Bien que la violence affecte les Canadiennes et Canadiens de tous âges, cultures, origines ethniques, lieux et horizons socioéconomiques, certains d’entre eux courent un plus grand risque d’en être victimes — par exemple les femmes et les filles, les Autochtones, les personnes allosexuelles (y compris les personnes non conformes dans le genre), les populations des régions nordiques, rurales et éloignées, les personnes âgées, handicapées ou nouvellement arrivées, ainsi que les enfants et les jeunes.

Cela dit, les conséquences de la violence fondée sur le sexe (VSF) ne sont pas limitées à telle ou telle population. Car, en plus de ses répercussions sur la santé et la situation socioéconomique des personnes directement touchées, la VFS peut aussi aussi avoir des effets à long terme sur les membres d’une famille, de même sur les amitiés de la victime et sa collectivité. De plus, étant donné que la VFS empêche les personnes touchées de réaliser leur plein potentiel, c’est toute la société qui perd.

La VFS est nourrie par des attitudes et comportements sexistes. Elle empire lorsqu’elle est conjuguée à d’autres formes de discrimination, comme le racisme, le capacitisme, les préjugés de classe, l’homophobie, la transphobie et la biphobie.

À cause des préjugés, de la discrimination et de l’intolérance dont ils font l’objet, les survivantes et survivants de certains segments de la population peuvent avoir de la difficulté à obtenir le soutien et les services dont ils ont besoin.

Certains segments de la population sont plus vulnérables à la violence :

  • En 2014, les femmes ont déclaré un peu plus de 1,2 million d’incidents de victimisation avec violence, ce qui représente 56 % de tous les incidents de violenceNote de bas de page 1.
  • Le risque de victimisation est 20 % plus élevé chez les femmes que chez les hommesNote de bas de page 2.
  • Les jeunes femmes de 15 à 34 ans courent le plus grand risqueNote de bas de page 3. En 2014, comparativement aux jeunes hommes du même groupe d’âge, elles étaient 1,9 fois plus susceptibles de déclarer avoir été victimes de violenceNote de bas de page 4.
  • D’après les données autodéclarées, les femmes autochtones étaient 2,7&nb;fois plus susceptibles que les non autochtones d’être victimes de violenceNote de bas de page 5.
  • Le risque qu’une femme autochtone soit victime de violence conjugale (10 %) est plus de trois fois celui des non autochtones (3 %)Note de bas de page 6. Le fait d’être autochtone est en soi un important facteur de risque pour la violenceNote de bas de page 7.
  • Les personnes gaies, lesbiennes ou bisexuelles sont trois fois plus susceptibles que les personnes hétérosexuelles de déclarer avoir subi de la violenceNote de bas de page 8.
  • Les personnes transgenres sont presque deux fois plus susceptibles que les femmes cisgenres d’être un jour victimes de violence de la part d’une ou un partenaire intimeNote de bas de page 9.
  • Les femmes ayant une déficience physique ou cognitive courent de deux à trois fois plus de risques d’être victimes de violence comparativement à celles n’ayant pas de déficiencesNote de bas de page 10.
  • Les aînées sont 24 % plus susceptibles que les aînés d’être victimes de violence familialeNote de bas de page 11.
  • Les femmes qui habitent les territoires sont victimes de violence dans une proportion huit fois plus élevée que celles habitant les provincesNote de bas de page 12. Comparées aux hommes, elles y courent un risque 45 % fois plus élevé d’être victimes de violenceNote de bas de page 13. L’accès aux services pose également des défis particuliers dans les collectivités éloignées et isolées.

Le signalement d’incidents de violence

La majorité des incidents de VFS ne sont pas déclarés à la police. En 2014, par exemple, seulement 5 % des victimes d’agression sexuelle ont déclaré l’incident aux autoritésNote de bas de page 14. Le choix de ne pas déclarer la violence peut être motivé par des raisons très variées, par exemple : une femme peut juger qu’il s’agit d’un problème de nature personnelle; elle peut dépendre financièrement de la personne l’ayant agressée ou, encore, tenir pour acquis que celle-ci sera innocentée ou ne sera pas justement punie; elle peut craindre les représailles, voire préférer taire l’agression, notamment par souci de protéger sa famille ou de lui éviter un déshonneur; elle peut être méfiante envers la police et la justice; elle peut aussi craindre qu’on lui enlève ses enfants et, dans le cas d’une immigrante, redouter la déportationNote de bas de page 15 Note de bas de page 16.

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